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sororio

[récits - textiles] [2018]
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(sororio = grandir ensemble comme des soeurs) -

Elles se connaissent. de longue date.
girl. friend. femme et amie.
Elles sont le point de départ du travail qui se fera ici. l’entrée, l’origine.
sortes de sœurs /
o dans l’e / œ
oreille dans l’espace /
ourlet dans l’emmanchure /

Sororio se construit à partir de mots. Des mots d’amies.
C’est une douce traque de l’amitié, à distance respectueuse, comme pour observer cet état précieux qu’est la camaraderie.

Les discussions sont la matière première d'un travail manuel. Je cherche, dans un second temps, à traduire et coder ces histoires en broderie, collages de cuir et dessins, à camoufler les récits dans le papier et le textile.

ÉTAPE 1 - Du 17 au 25 novembre 2018
Eeeeh! La Grenette (Nyon, CH) est devenu un lieu de résidence pour l’amitié : une sorte d’amicale. On accrocha presque une banderole chamarrée à l’entrée de la galerie « sororio club nyonnais, bienvenues à toutes ». Les rencontres avec des femmes, pour parler d'autres femmes, s'y sont succédées. J'ai pu ensuite préparer ce qui deviendra les broderies, collages de cuir et dessins.

*M.A.
C’était à l’école primaire, en 6è, moi je suis arrivée là et il y avais déjà 2 Marianne dans cette classe. On a prit ça comme quelque chose de spéciale, ça nous plaisait. Aussi parce que c'était un peu compliqué du coup pour les professeurs. Bref, ça nous a lié et, à un moment donné, on a décidé d’acheter une petite bague avec les noms de chacune dedans. Marianne, A, Marianne D, et Marianne H. Seulement la première lettre du nom et aussi l’année, 1953. J’avais 12 ou 13 ans peut-être.
Je suis la marraine de la fille d’une de ces deux Marianne. Cette même Marianne a vécue une année chez mes parents quand je n’étais pas là, parcequ’elle était plus proche de l’école. L’autre Marianne, j’ai moins de souvenirs…

Pourtant je n’aurais pas dû être nommée Marianne, j’aurais dû m’appeler Maiele, mais celui qui devait noter le document de naissance a dit « ha non, ça on peut pas faire ! », alors on m’a appelé Marianne.*

I.A.
Ce qui est apaisant c’est qu’on est pas obligé d’aimer. Voilà. C’est la liberté d’aimer. L’amitié est libre, si on est obligé elle n’existe plus, elle meurt. La seule chose qui fait une amitié c’est sa liberté et c’est toute la beauté de l’amitié.
Il devrait y avoir de l’affection.. de la tendresse.. des choses qu’on ne peux pas diriger, qu’on devrait laisser couler. Il faut accepter qu’il y a une liberté sur tout les plans, que notre vérité ne soit pas celle de l’autre.
Personne ne sait ce dont l’autre a réellement besoin. Nous ne sommes pas responsables les uns des autres. La collectivité est totalement illusoire, même si c’est une amie. Il n’y a que Un.
Deux a été inventé. La collectivité c’est l’addition de Un + Un + Un. On ne peut pas chercher chez une personne ce dont on a besoin.


Résidence-recherche sur l'amitié au féminin, sur une invitation de Eeeeh! La Grenette, Nyon, CH